BIOGRAPHIE

« Ce qui se dit la nuit ne voit jamais le jour » ; ce mot de Nietzsche pourrait être le prologue à La Nuit Devant, le troisième album de Baden Baden prévu pour le quatre octobre prochain.

En 2012 paraît Coline, mélange bilingue et élégant de pop française et de melomanie anglo-saxonne qui, salué par la critique, permettra au groupe de jouer dans toute la france (notamment aux Francofolies de la Rochelle, au Printemps de Bourges ou encore à la Gaîté Lyrique). Lancé, Baden Baden franchi un cap supplémentaire en 2015 avec Mille Éclairs, un deuxième album plus personnel et écrit en français entre Paris et Gatteville-le-Phare où la musique passe d’une idée à l’autre sur un fond de mer que l’on sent là, derrière toute chose; mer qu’ils traverseront allègrement lors de leur tournée: du Canada au Liban, de la Colombie à la Russie en passant par l’Equateur, la Tunisie, l’Egypte, le Monténégro ou la Suisse, Baden Baden réunit et fédère avec sa poésie aussi tendre que désenchantée.

Leur notoriété en France se développe elle aussi plus que jamais, avec en point d’orgue un concert en tête d’affiche à La Cigale en décembre 2015.

Après avoir « plongé dans le bruit », le groupe se plongera dans le silence en entamant la composition de ce qui sera leur troisième album.

Élaboré entre Paris et la Bretagne et mixé par Florent LIVET (Phoenix, Two Door Cinema Club…) et Pavlé KOVACEVIC (Sebastien Tellier…), La Nuit Devant est un album éminemment moderne mais en aucun cas banal ou simpliste, où des textes fins viennent donner corps à des mélodies obsédantes aux sonorités nouvelles. En effet, Eric JAVELLE et Julien LARDÉ continuent de creuser leur sillon musical, mais cette « pop minutieuse et quasi-architecturale » (les Inrocks) qui leur est propre se colore ici de nouveaux sons, entre électro moderniste et réminiscences new-wave: les guitares et les choeurs en deviennent quasi fantomatiques, accompagnant des décors digitaux plus bruts que jamais.

La Nuit Devant donc, un titre énigmatique laissant présager tout un avenir de mystères, de secrets dépistés, de rues aux détours infinis pour un album en proie à la ville; une ville aux profondeurs inattendues et comme hantée de fantômes trop tendres qui, à l’heure où le ciel se ferme, sortent questionner l’auteur comme le public. Les 11 plages aux titres énigmatiques, comme pour brouiller les pistes (CLSS, LMR, BH, PLV…), forment une rumeur enivrante et digitale. Abordant la passion comme sa fin avec BEACH ou POST-ROMANTIQUE, le temps qui passe (L’AMÉRICAINE, LES DÉBUTS) ou qui se fige en ritournelle dans la très tendre MA CHÈRE, Baden Baden nous offre un album comme une promenade, ou plutôt une errance; une errance nocturne à la frontière du pathétique et du sublime, oscillant sans cesse entre frénésie et mélancolie.

N’en déplaise à Nietzsche, cet album poétique et désabusé, résultat d’une remise en question permanente et d’une quête de sens acharnée de presque cinq ans (1698 nuits exactement) verra bien le jour cet automne. On ne regrette en rien cette attente: La Nuit Devant, entière et paradoxale - comme chacun l’est -, nous prend et nous entraîne dans un voyage au bout de la nuit rythmé de souvenirs inutiles et de rencontres nécessaires duquel, c’est certain, on ne ressort pas indemne.